Stan Perec
Depuis son test le 5 novembre dernier sur le circuit de Cheste, près de Valence, au guidon de la Ducati du champion du monde Casey Stoner, de nombreux indices sont venus confirmer que Michael Schumacher avait une idée derrière la tête, celle de prendre le départ du GP d'Italie.
Le septuple champion du monde de formule 1 planche sur un projet un peu fou
C'était le 5 novembre dernier, au lendemain du dernier GP motocycliste de la saison 2007, sur le circuit de Cheste, près de Valence (Esp). Dans le stand des Ducati championnes du monde, engoncé dans un cuir aux tons orange, Michael Schumacher, parfaitement concentré, se préparait à vivre une expérience unique: le septuple champion du monde de formule 1 allait tester la Desmosedici GP7 de Casey Stoner, la meilleure moto du moment. Simple coup de pub? Quelques tours pour voir, rien de plus? Tout le monde le pensait... sauf le principal intéressé, Michael Schumacher.
Premier indice: le comportement de Schumi. Très vite, les témoins de la scène ont compris que le roi n'était pas seulement là pour le «fun»; c'est même à une véritable séance de travail qu'il allait s'astreindre, enchaînant des séries de dix tours avant de s'arrêter, de faire partager ses impressions avec les techniciens de Ducati, de s'entretenir longuement avec Filippo Preziosi, le père de la Desmosedici. Puis de repartir, d'augmenter le rythme, jusqu'au moment où son poisson pilote, Randy Mamola (multiple vice-champion du monde 500) décide de le laisser faire tout seul. En fin de journée, un chrono à moins de 5 secondes de la pole position officielle: un exploit.
Deuxième indice: il s'entraîne toujours plus. Ce coup d'éclat avait été parfaitement préparé, puisqu'avant de monter sur la Ducati de course, Michael Schumacher s'était offert plusieurs séances d'entraînement. Un programme qu'il a sérieusement consolidé ces dernières semaines, puisqu'il roule souvent sur le circuit de Bresse (France), où il se rend en hélicoptère depuis son domicile de la Côte. Et où il compte sur la complicité discrète de quelques pilotes (comme l'ancien spécialiste français de l'endurance, Alex Vieira) pour poursuivre sa progression.
Troisième indice: un contact avec le pouvoir. On en était là il y a dix jours, lorsqu'une rencontre secrète s'est tenue au siège de la Fédération internationale motocycliste (qui détient le pouvoir sportif), à Mies. Un émissaire du septuple champion du monde avait en effet des questions administratives (licences, autorisations, assurances) à poser au cas où son patron déciderait de participer à une course.
Quatrième indice: le règlement de la classe MotoGP. Dans la catégorie reine du sport motocycliste mondial, deux wild cards sont à disposition pour chaque GP. La première est à disposition du Groupement des constructeurs, la seconde est un laisser-passer «commercial», attribué par le promoteur du championnat du monde, la société espagnole Dorna. Qui, on le devine aisément, ne serait pas mécontente de provoquer l'événement médiatique de la décennie en invitant Michael Schumacher à un GP. Comme celui d'Italie, sur le circuit du Mugello.
Cinquième indice: la concordance des intérêts. Toujours sous contrat avec la Scuderia Ferrari, Michael Schumacher est donc un représentant de l'empire rouge (Marlboro), qui est aussi le sponsor principal de Ducati. Les deux équipes championnes du monde disposent du même équipementier pneumatique (Bridgestone). Et puis, le circuit du Mugello, où se déroulera le GP d'Italie moto le 1er juin, appartient à Ferrari. C'est dire que dès que les beaux jours seront revenus, Schumi pourra préparer son pari dans des conditions qu'aucun autre pilote «wild card» avant lui n'aura eues.
Jean-Claude Schertenleib - 17/02/2008
Le Matin Dimanche
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