Et oui, c'est bien moi ! Et non vous ne rêvez pas ! DW is back comme le disent les anglophones ! Je ne ferais pas étalage de vie privée dans ce forum, mais après une année surchargée dans un pays étranger (certains connaissent ça) voilà maintenant un moment que la situation s'est calmée mais que je ne trouvais toujours pas le temps pour faire un essai.
C'est désormais chose faite, j'ai profité de cette belle journée de fin juin, pour réaliser un essai pendant que le Z se faisait réviser.
Ne voulant pas revenir sur MC les mains vides, même si l'envie me titillait depuis un moment, je reviens donc avec un essai tout frais du nouveau roadster phare de chez Kawasaki : le Z1000 k10. Un essai d'ailleurs en bonne et due forme puisque j'ai eu la chance de pouvoir conduire cette moto pratiquement une journée entière, le temps de vraiment prendre la bête en main et de retrouver les sensations d'un full testeur digne de ce nom.
Désormais une célébrité dans le monde de la moto, la Z apparue en 2003 avait fait sensation en lançant la voie des roadster naked 1000 cm3 directement dérivés des hypersportives. Moto populaire et emblématique pour le constructeur nippon, sa première refonte s'est fait attendre jusqu'en 2007 mais l'accueil fût mitigé : plus lourde, moins puissance, plus polyvalente: Seul son style caractéristique continua de ravir. Kawasaki se devait donc de réagir face à une concurrence ayant très largement pris le pas (CB 1000 R, FZ1, Street Fighter ...)
C'est ainsi qu'au début de cette année débarquait dans nos concessions la nouvelle Z 1000, se voulant renouer avec la première version de 2003. La question est donc simple : Pari réussi ?
Toujours plus !
Comme à l'accoutumée, je vous laisse quelques clichés de ma moto de prêt, histoire de découvrir, ou de redécouvrir les lignes de ce roadster Kawasaki.
Une vidéo est également disponible en annexe





Non vous ne rêvez toujours pas, il s'agit bien d'une Z1000 personnalisée, la peinture ayant été refaite personnellement par la concession Kawasaki à la demande d'un client qui, une fois qu'il l'eût vu, n'en voulut plus ... Bref ... Personnellement, je trouve que ça ne lui même pas si mal que ça.
Faire du neuf avec du vieux, tel pourrait être le crédo de bon nombre de constructeurs. En effet, pas besoin d'avoir fait Polytechnique pour voir la filiation Z au premier coup d'oeil sur cette machine, rien que le phare en dit déjà long.
Coté lignes, l'oeil n'est pas en reste. La machine semble ramassée, très large et très compacte à la fois, grâce à des lignes tirées dans presque tous les sens. Ces lignes poussent donc encore plus loin le concept de moto sortie tout droit d'un manga japonais ou du monde des Transformers. Tout est en effet violent visuellement, la moto parait agressive, brutale, bestiale, de quoi exciter bon nombre d'entre nous avant même de monter dessus.
Seul un arrière novateur tout plat, bien que très travaillé, viendra apporter un peu de douceur à l'ensemble.
La finition, en net progrès depuis 2007 continue également de progresser. Cette Z repose sur de magnifiques nouvelles jantes rehaussées de disques pétales caractéristiques de la marque, freins à montage radial, protection de fourche peinte, sabot moteur, j'en passe et des meilleurs.
Comme pour les précédentes versions, cette moto ne plaira sans doute pas à tout le monde, mais force est de reconnaître que visuellement, elle en jette.
Dans un fauteuil
Même si une moto se doit d'être agréable à l'oeil, c'est quand même à son guidon que l'on doit se sentir bien, et sur ce point, la Kawasaki vient marquer de nombreux points. Revue de détails.
La moto semble d'abord haute, pourtant la hauteur de selle est identique au modèle précédent (815mm). Les grands gabarits poseront les deux pieds bien à plat, les plus petit devront se contenter de la pointe. Mais avec le gain de poids réalisé sur cette machine (218 kg tout pleins fait), ce n'est pas un problème, la moto étant relativement bien équilibrée, la sensation de poids ne se fait pas ressentir.
Une fois assis, on est assez surpris de voir que contrairement à ce que l'on aurait pu penser au premier regard, à savoir une moto brutale, le confort est quand même au rendez vous. La position est moins basculée sur l'avant que les générations précédentes, les commandes tombent parfaitement sous la main. Bluffant.
La selle, bien que relativement ferme, épouse mieux votre corps que sur la précédente version ce qui fait que l'effet planche de bois est très atténué.
Le réservoir, digne d'une sportive, est taillé comme il se doit pour vous offrir une finesse rare à l'entrejambe. Les genoux viennent donc parfaitement se loger, même pour les plus grands, et les pieds tombent directement sur des cales pieds à bonne hauteur, ni trop haut, ni trop en arrière.
La position est très naturelle, confortable, n'incitant pas vraiment de suite à l'attaque. De plus, il est bon de souligner que Kawasaki n'a pas oublié le passager en logeant, sous les coques arrières, deux poignées passager. Bien vu.
Seul le tableau de bord aurait mérité autant de finition que sur le modèle précédent (voir photo en annexe). Le tout digital est lisible (contrairement à ce que l'on peu lire dans la presse) mais fait un peu trop K2000, surtout dans sa couleur orange. De plus, il n'y a que le minimum : Vitesse, compte-tour, jauge d'essence et trips. Exit l'indicateur de température d'eau (toujours très pratique) et pas d'indicateur de rapport engagé, ce qui est regrettable sur une machine se voulant sportive.
Une molette de réglage vous permet de l'incliner selon trois positions, mais celle ci relève plus du gadget commercial que d'un réel plus en matière d'ergonomie.
Assez étudié la machine à l'arrêt, il est temps de se mettre en route.
Du velour velcro !
Clef en place, le compteur s'initialise tel une machine à sous ; une pression sur le démarreur et la moteur se lance dans un grondement rauque mais feutré (voir vidéo en annexe). La sonorité de l'échappement est moins travaillée que sur la machine de 2007.
La première claque un peu, comme sur bon nombre de motos de la production actuelle, mais cela n'empêche pas de démarrer sur un filet de la gaz dans une douceur relativement déconcertante, toujours en contradiction avec l'apparence de la machine.
Les premiers tours de roues et les premières montées en régime se font sans accroc, avec douceur, même si l'on arrive très vite à des vitesses prohibées surtout sur les routes urbaines. L'embrayage est souple, tout comme la poignée de gaz, et les vitesses passent avec précision comme sur une hypersportive : au moins, pas de doutes pour savoir si le rapport est bel et bien verrouillé.
Cependant, à basse vitesse et dans les manoeuvres standards que le motard lambda pratique au quotidien dans la jungle urbaine, le moteur se met à cogner et à claquer à bas régime. Il faut assez vite oublier de rouler à 2000 tour sur un filet de gaz au risque de se faire secouer. Serait-ce que la Z voudrait finalement se faire cravacher ? il semblerait. Il faudra donc jouer un peu sur l'embrayage à très basse vitesse, surtout dans les manoeuvre pour éviter de se faire surprendre. Dommage, car le bon rayon de braquage, couplé à une position naturelle et une moto équilibrées rendent cet exercice relativement facile.
Le couple est présent une fois que l'on est sorti de zone de turbulence au tout début du compte tour. Ainsi, enrouler en en 5e à 3000 tours est faisable, ce qui est appréciable dans les petites traversées de villages à 70, où l'on n'est pas obligé de tomber un rapport à la sortie pour doubler un tracteur.
Ce qui croche donc au début devient particulièrement doux ensuite, surtout que l'impression de bruit feutré du moteur à l'arrêt est très largement confirmé en usage citadin ou du moins tranquille. On n'entend pratiquement pas le moteur, ce qui est assez confortable en ville par exemple. De plus, à ces régimes usuels, aucunes vibrations parasite ne vient perturber et donc aucun risque d'engourdissement de la jambe ou des mains. Autre bon point à noter pour les usages citadins. le moteur ne chauffe pas trop et ne vous envoi pas d'air chaud sur les jambes, pas mal !
Coté partie cycle, même si l'ensemble est ferme, les irrégularités de la route (raccords, ralentisseurs) sont assez biens absorbés sans trop vous secouer.
Enfin, la protection au vent est quasiment nulle, comme sur tout roadster qui se respecte, rien de nouveau donc de ce coté.
L'essence d'une sportive
Il est quand même temps d'aller pousser un peu cette nouvelle Z pour voir ce qu'elle a dans le ventre car pour l'instant on est très loin de la machine brutale annoncée par Kawasaki.
Il suffit d'ouvrir en grand en première des 2500 tours pour comprendre. La moto pousse sans relâche jusqu'à la zone rouge, au point qu'il est difficile de la maintenir au sol sur le premier rapport. Là ça devient intéressant ! Et cette niak du démarrage se poursuit ensuite sur les autres rapports. Pourtant pas aidée par une position trop naturelle pour l'attaque, on se laisse assez vite prendre au jeu de cravacher cette moto.
Mais accélérer en ligne droite, tout bon motard qui se respecte vous dira que ce n'est pas drôle. Alors direction les virages pour voir ce que ça donne. Là encore, on a vraiment l'impression d'être sur une sportive. La machine s'inscrit parfaitement dans les courbes avec une facilité déconcertante, le réservoir y contribuant largement en offrant une très bonne mobilité et une ergonomie parfaite.
Bien aidée par une partie cycle sans faille (avec un train de pilote Power), la moto est vraiment difficile à prendre en défaut, même sur les mauvais revêtements. Ca ne pompe pas, c'est précis et ferme en ayant en plus la facilité d'un roadster par rapport aux sportives qui demandent un peu plus d'engagement de la part du pilote.
Le freinage tout radial se montre également à la hauteur en apportant feeling et puissance à seulement deux doigts. Appréciable quand on a été un peu trop optimiste ou en cas d'imprévu. Il fallait de toute façon au moins ça pour calmer la fougue une fois la machine lancée.
Ainsi les enchaînement de virages relèvent du jeu d'enfant et les reprises en sorties de courbes sont dignes de ce nom, soit en tombant les rapports pour jouer directement avec les 138 ch, soit sur le coupe omniprésent si l'on avait oublié un rapport en entrée de courbe.
En bref
On peut dire que Kawasaki vient de nous sortir pratiquement le roadster idéal. A la fois souple et doux pour un usage urbain, il sait se montrer hargneux et brutal dans les tours lors des coups de folies ! Bien posé sur une excellente partie cycle, la machine saura ravir le plus grand nombre, pour des usages variés, même s'il parait clair que le domaine de prédilection du Z restera les petites routes de campagnes.
Seule la capacité du réservoir (15,5) viendra faire de l'ombre au tableau en atténuant considérablement l'autonomie de la machine. C'est d'autant plus dommage que la plupart des propriétaires de Roadster veulent faire plus de km qu'en sportive.
Une machine saine et facile, très efficace, à ne surtout pas confier entre toutes les mains car on a vite fait de se surestimer tant l'ensemble est bluffant d'efficacité
Son prix également contenu (-12 000 €) en fait une machine très compétitive et qui mérite que le motard en quête de renouvellement s'y intéresse.
Les plus
+ Moteur hargneux dans les tours
+ Partie cycle excellente
+ Finition et look flatteurs
+ Ergonomie générale
Les moins
- Accoups à très bas régimes
- Autonomie très limitée
Annexe
Vous trouverez ici une photo du tableau de bord de la Z1000, une photo bonus, ainsi qu'une petite vidéo


La vidéo :
[youtube]nGXJl6Kb3wA[/youtube]
Fiche technique
http://www.kawasaki.fr/Z1000
Prochainement ...
Et voilà, on arrive à la fin de ce CR qui met un terme à ma retraite anticipée. La seule grande question reste à savoir si je vais pouvoir continuer à vous faire partager mes essais, ou plus simplement, si je vais pouvoir continuer de faire des essais ... L'avenir nous le dira. Le fait est que je signe ici mon retour sur MC, avec ou sans CR, ce qui me remplit de joie.
N'hésitez surtout pas à me faire part de vos remarques, du moment que c'est constructif, ce n'est jamais négatif !
A très bientôt les motoconnectés.
Bye




comme d'hab quoi.

